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Libération

L'étrange odyssée de l'Arche de Zoé

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Publié le 27/10/2007 à 1h08

Il s'en est fallu de très peu pour que l'association l'Arche de Zoé embarque, jeudi, à bord d'un Boeing 757, 103 orphelins originaires du Darfour pour la France où les attendaient les familles d'accueil. Au dernier moment, les autorités tchadiennes ont mis le holà à cette opération d'évacuation «sanitaire» aux allures de trafic de mineurs en vue d'une adoption. Neuf Français, dont trois journalistes (deux de Capa et France 3 et un photographe), sont sous les verrous à Abéché. Décrypage.

Que savaient les autorités françaises ?

«On a fait tout ce qu'on avait à faire pour interdire, pour empêcher cette opération, assurait vendredi la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade. Après, ils l'ont menée de manière clandestine, sans avoir prévenu personne, sans l'aval des autorités.» Une version contredite par la vice-président du Collectif des familles pour les orphelins du Darfour (Cofod), Maryse Cales : «On avait toutes les autorisations, c'est un revirement des autorités tchadiennes. Si la France avait voulu interdire l'opération, elle en avait les moyens.»

En fait, l'Arche de Zoé a été reçue à plusieurs reprises par les cabinets de Bernard Kouchner et de Rma Yade : à chaque fois, il est répété à ses responsables que le Tchad et le Soudan interdisent l'adoption. «A trois reprises, rappelle une source diplomatique, nous avons diffusé un communiqué pour dire que nous étions très réticents envers cette opération telle qu'elle se présentait et pour mettre en garde les familles candidates à l'accueil. On ne pouva

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