Le large sourire de Yasser Arafat, sur le poster géant surmontant l'estrade installée dans l'enceinte du siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah, contrastait avec les visages fermés de la foule. Ils étaient venus en nombre, hier, rendre hommage au leader palestinien pour les commémorations du troisième anniversaire de sa mort. Des dizaines de milliers de Palestiniens, parmi lesquels se mêlaient lycéens et étudiants, mères de familles leurs enfants à la main, jeunes militants du Fatah (l'ancien mouvement d'Arafat) et employés de l'Autorité palestinienne : tous se sont rassemblés à la Mouqataa, le bastion du Fatah, assiégé pendant plusieurs années par l'armée israélienne.
Inquiétude. Pour marquer l'occasion, un complexe abritant un nouveau mausolée, un musée et une mosquée a été inauguré samedi dans la cour du bâtiment où repose Arafat, décédé le 11 novembre 2004 dans un hôpital de la région parisienne.
Malgré la fanfare entonnant l'hymne palestinien, la flopée de drapeaux du Fatah mélangés aux drapeaux palestiniens et les slogans repris en choeur par les jeunes membres du parti fondé par Arafat dans les années 1960, c'est la nostalgie et l'inquiétude qui dominaient ce dimanche. «Il y a beaucoup plus de monde que les années précédentes à cause de la dégradation de la situation, explique Fatima, une étudiante de 22 ans, originaire de Jérusalem-Est. Nous apprécions d'autant plus Arafat depuis les violences entre le Hamas et le Fatah. Il n'aurait jamais permis que ce




