Le bloc nomenklaturiste Russie unie, dont le président russe a pris la tête de la liste, est le grand favori pour les législatives du 2 décembre. Marie Mendras, chercheur au CNRS et au Centre d'études et de recherches internationales (Ceri) de Sciences-Po, explique à Libération les enjeux de ces législatives qui seront suivies, en mars, d'une présidentielle à laquelle Poutine, qui a déjà rempli deux mandats consécutifs, ne peut théoriquement pas se représenter.
Est-ce une élection comme une autre ?
Absolument pas, je dirais même que ce ne sont plus vraiment des élections législatives. Tout a été organisé pour que ce soit un plébiscite pour Vladimir Poutine et pour son régime. La répression de l'opposition a pris une dimension nouvelle ce week-end. Ses principales personnalités ont été arrêtées ou malmenées. Garry Kasparov a même été enfermé pour cinq jours. A force de vouloir contrôler tout et tout le monde, les hommes de Poutine ne savent plus où s'arrêter. Pourquoi un tel acharnement ? Les quelques forces de l'opposition ont été tellement affaiblies qu'elles ne représentent pas une menace. Cette fébrilité pourrait trahir des luttes de clans au sein des élites dirigeantes.
Comment s'est déroulée la campagne des législatives ?
Elle est totalement biaisée. Tout est décidé par les administrations à Moscou et dans les provinces. Les commissions électorales ne sont ni pluralistes ni indépendantes. On empêche les partis politiques qui existent encore de faire campagne. Cela fa




