Ils étaient quelque 70 chefs d'Etat et de gouvernement, samedi matin à Lisbonne, pour l'ouverture du deuxième sommet Europe-Afrique, mais il n'y avait ce jour-là qu'un seul homme d'Etat à la tribune. Le discours prononcé par Alpha Oumar Konaré a incarné tout ce qui sépare aujourd'hui l'Europe, continent vieux, riche, fatigué, sans souffle ni projet, de l'Afrique, continent jeune, pauvre, mais convoité pour ses richesses et sûr de sa croissance à venir.
Konaré, président de la Commission de l'Union africaine (UA), a rappelé l'«exigence d'un devoir de mémoire envers la traite négrière, la colonisation, l'apartheid et le génocide rwandais». Il a passé en revue les guerres sur le continent, rendu hommage aux clandestins morts de Ceuta, Melilla et aux Canaries. «L'Afrique n'a pas besoin de charité ni de paternalisme.» Elle veut devenir un partenaire à part entière, au Conseil de sécurité de l'ONU comme dans la mondialisation des échanges. Son homologue européen, Manuel Barroso, lui a répondu en technocrate et a parlé accords de partenariat économique (APE), partenariat stratégique, réchauffement climatique. Le dialogue de sourds était total.
Boycott.Depuis le premier sommet euro-africain du Caire en 2000, l'organisation d'une seconde édition butait sur l'épineuse question du Zimbabwe, dont le président, Robert Mugabe, viole les droits de l'homme, met son peuple à genoux et insulte régulièrement l'Occident en général et les dirigeants britanniques en particulier. Pour




