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Libération

Tractations sur fond de tensions

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Publié le 05/01/2008 à 1h50

Sur le versant nord de la vallée de Mathare, un bidonville dans l'est de Nairobi, une foule d'habitants forme un cercle autour d'un homme qui parle sans interruption, avec animation. Des représentants de deux communautés, les Kikuyus et les Luos, se rassemblent pour tenter d'amorcer une réconciliation. Un médiateur de l'ethnie luhya a été choisi, «une personne neutre», explique un habitant. Après la semaine d'affrontements post-électorale, Mathare est toujours en proie à une tension latente. Vendredi, une dizaine de maisons ont encore été incendiées et trois personnes tuées à la machette.

Représailles. Shagra, une cinquantaine d'années, est de l'ethnie luo, celle de l'opposant Raila Odinga. Elle subit depuis plusieurs jours les représailles d'une secte sanguinaire, les Mungikis, composés de membres de l'ethnie kikuyu, celle du président Mwai Kibaki. Il y a trois jours, la secte a distribué des tracts déclarants : «Pour un Kikuyu tué, nous éliminerons dix Luos.» Ce climat d'incertitude politique rend les habitants extrêmement inquiets. «Les gens sont très amers, frustrés, explique Shagra. Ils ne pourront pas se réconcilier si les dirigeants ne parviennent pas à se rencontrer. Il faut nous dire qui est le gagnant. Même si c'est Kibaki, nous l'accepterons, il faut simplement que le message soit enfin clair, nous sommes fatigués de ce bain de sang.»

Au niveau politique, les déclarations restent pour le moins ambiguës. L'opposition, qui a dû renoncer deux jours

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