Zaraguinas. Le mot est toujours lâché rapidement, sans commentaire. Pour les 45 000 Centrafricains réfugiés depuis trois ans au Cameroun, pas besoin d'en dire plus : il résume à lui seul l'enfer que vivent l'ouest et le nord de leur pays. Dans cet Etat d'Afrique centrale ravagé depuis plusieurs décennies par des rébellions, les zaraguinas sont des groupes de bandits armés, appelés également «coupeurs de route». Sont-ils d'anciens mercenaires tchadiens démobilisés par le président François Bozizé après l'avoir aidé lors de son coup d'Etat en 2003 ? Ou des membres de l'armée centrafricaine mal payés ? Viennent-ils du Soudan voisin, et notamment de la province du Darfour ravagée par les bandes armées, dont les redoutés jenjawids ?
Mutilé par le feu. L'origine de ces criminels, qui parlent arabe ou peul et se présentent la plupart du temps masqués, habillés de noir ou en tenue miliaire, est mal connue. Leur méthode terrifiante est, elle, beaucoup plus fameuse. Reproduite à grande échelle, elle a des allures d'industrie : au cours de raids lancés sur les villages, les zaraguinas enlèvent les enfants pour ne les rendre que contre rançon, au minimum 1 200 euros. S'ils ne sont pas payés, ils exécutent leurs otages. Ou, au mieux, les estropient. Abdoul, un berger, n'a plus de main droite : ses ravisseurs l'ont littéralement mutilé par le feu, son patron ayant refusé de céder au chantage.
Les Mbororos sont les principales cibles de ces attaques. Ces éleveurs peuls semi-nomades se sont i




