Un homme tombe à terre, le policier des forces antiémeutes de la GSU (General Unit Service), l'AK47 sur l'épaule, se dirige vers lui et le roue de coups de pieds dans les côtes, dans l'estomac. Il tire en l'air, frappe à nouveau avec son arme et repart en laissant l'homme, les deux mains jointes, en guise de supplique, qui gît sur le sol.
Au coeur du bidonville de Kibera, à Nairobi, les troupes forcent les portes en tôle des maisons, envoient du gaz lacrymogène à l'intérieur et forcent les résidents, toussotant et les yeux en pleurs, à en sortir. Un adolescent de 17 ans, blessé par balles, est recueilli par des habitants effrayés par les rafales de kalachnikovs tirées sans interruption par la police.
Brutalité.Malgré les avertissements des autorités, Raila Odinga, le candidat battu à l'élection présidentielle du 27 décembre, avait appelé à trois jours de manifestation jusqu'à vendredi. Les forces de l'ordre ont répondu par la manière forte, faisant preuve d'une extrême brutalité. Jeudi, le Mouvement démocratique orange a, lors d'une conférence de presse, montré des photos de cadavres criblés de balles, accusant la police d'une dizaine d'exécutions extrajudiciaires depuis mercredi et de pratiquer le shoot to kill («tirer pour tuer»). Vendredi, neuf ambassades occidentales au Kenya ont enjoint les autorités de cesser de tuer des «manifestants désarmés».«Le président autoproclamé, Mwai Kibaki, et le ministre de la Sécurité, George Saitoti, qui ont laissé ces atro




