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Libération

Clashs ethniques dans le Rift

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Publié le 26/01/2008 à 2h05

Un enfant apeuré, sursautant à chaque rafale de kalachnikov que la police tire au loin, tient la main de sa mère qui pousse un chariot où s'amoncellent des vêtements déchirés, des nattes et des matelas entourés de ficelle. Des jeunes s'avancent et brandissent des machettes dans leur direction: «Tu es Kikuyu, toi? Tu parles quelle langue?» La femme balbutie quelques mots dans la langue vernaculaire qu'on lui intime d'employer et tente d'esquiver la menace. «Ne reste pas ici, sinon on va te tuer, on ne veut plus de vous», s'échauffent-ils.

Depuis jeudi soir, des violences interethniques entre Kikuyus, l'ethnie du président réélu Mwai Kibaki, et d'autres communautés, notamment des Luos et des Kalenjins, qui ont voté en majorité pour l'opposant Raila Odinga, ont éclaté dans la ville de Nakuru et de Molo, à 150 kilomètres au nord-ouest de Nairobi, faisant au moins 20 morts et une centaine de blessés, pour la plupart victimes de coups de machettes et de lynchages. Malgré la rencontre et la poignée de main pleine de promesses entre les deux frères ennemis, devant les caméras jeudi, sous l'égide de Kofi Annan, l'ancien secrétaire général de l'ONU, médiateur désigné par l'Union africaine, les esprits sont loin d'être apaisés. Notamment dans la vallée du Rift.

«Origine». Des barrages ont été installés le long de la route par des miliciens, qui arrêtent chaque matatu (bus kenyan) ou véhicule privé pour exiger des passagers leur carte d'identité. «Je ne peux plus a

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