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Libération
Reportage

Les Palestiniens respirent l'air de la liberté

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Publié le 28/01/2008 à 2h06

Drôle d'agent de la circulation. Face au flux désordonné de camions, voitures, minibus, charrettes, triporteurs, qui se pressent vers la brèche percée dans le mur et les barbelés, l'homme habillé tout de noir tente de faire régner un semblant d'ordre. Il porte une cagoule, une cartouchière et un bandeau vert siglé «Ezzeddine al-Qassam», la branche armée du mouvement islamiste Hamas, qui règne en maître dans la bande de Gaza. A quelques mètres, les gardes frontières égyptiens regardent passer la noria de véhicules avec une bonhomie désinvolte, appuyés sur leurs boucliers en plexiglas.

Autoroute.Ce week-end, des centaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza ont continué d'affluer vers l'Egypte, accessible depuis que des activistes ont fait sauter la semaine dernière le mur de béton, la paroi de métal puis les barbelés qui séparaient en deux Rafah, la ville frontalière. Après une semaine de blocus total imposé par Israël, et des mois de privations, ce fut la ruée. Cigarettes, ciment, Coca-Cola, chèvres, dentifrice, dromadaires, essence, téléviseurs, etc. Il ne reste plus rien à acheter dans la partie égyptienne de Rafah. Vendredi, la police antiémeute égyptienne a tenté de refermer le passage principal. En vain.

Depuis, c'est l'autoroute : un passage pour les véhicules, un autre pour les piétons. Les Palestiniens ont dévalisé Al-Ariche, la principale ville côtière du Nord-Sinaï, à 50 km de là. Certains se sont enhardis, surtout des étudiants voulant rejoindre les univ

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