De notre correspondante à Amsterdam. Charles Taylor, l'ancien président du Libéria, en procès depuis le 4 juin, a été entendu le 1er février par la justice néerlandaise dans le cadre d'une autre affaire. Le chef de guerre libérien a été appelé à témoigner, à huis clos, dans le procès de Guus Kouwenhoven, un homme d'affaires néerlandais. Déjà condamné à huit ans de prison le 7 juin 2006 pour trafic d'armes avec le Liberia, Guus Kouwenhoven a fait appel. Surnommé «le parrain du Libéria», il est toujours accusé de crimes de guerre, un chef d'inculpation pour lequel il n'a pas été condamné, faute de preuves. Le témoignage de son ancien ami Charles Taylor pourrait aller à son encontre. C'est ce qu'espère le parquet, qui veut faire la lumière sur la responsabilité de Guus Kouwenhoven, entre 2000 et 2003, dans le bain de sang de la guerre civile libérienne.
Menaces de mort. Le procès de Charles Taylor n'en continue pas moins à La Haye, devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL). Depuis le 7 janvier, les témoins se succèdent, victimes, experts et inside men(anciens hommes de main de Charles Taylor). Tous ont décrit le rôle actif de l'ex-chef de guerre en Sierra Leone, pays limitrophe miné par l'exportation du conflit libérien, de 1991 à 2001. Stephen Ellis, du Centre d'études africaines de l'Université de Leyde, a retracé le 17 janvier l'histoire imbriquée des deux guerres civiles, qui ont fait près de 500 000 morts. Il a rappelé que les liens entre Charles Taylor




