D'Imad Moughnieh, on ne connaissait pas même le visage. Il aurait subi une, voire deux opérations de chirurgie esthétique. Même la photo diffusée par le FBI américain sur sa liste des most wanted date des années 80. Avant le 11-Septembre, il était la bête noire des services français, américains et israéliens : le terroriste le plus recherché de la planète. Il dirigea les services de renseignement du Hezbollah, puis la branche militaire. Imad Moughnieh est mort mardi soir à Damas, la capitale syrienne. Sa Mitsubishi Pajero grise métallisée, préalablement piégée, a sauté vers 23 heures locales, dans le quartier résidentiel de Kafar Soussé.
L'élimination d'Imad Moughnieh est plus qu'un coup dur pour le Hezbollah, c'est tout à la fois une catastrophe et une déclaration de guerre. Bien qu'il n'apparût dans aucun organigramme officiel, que son nom même n'était prononcé qu'en chuchotant, Moughnieh faisait partie du tout premier cercle. Outre l'action militaire, ce maître espion avait en charge les opérations d'infiltration en Israël, les enlèvements et les contacts avec les branches armées du Hamas et du Jihad islamique palestiniens. Surtout, il faisait la liaison avec les services de renseignement iraniens et les Gardiens de la Révolution.
Né en 1958 ou 1962, selon les sources, à Tayr Debba, un village du Sud libanais, il avait rejoint les forces palestiniennes dans les années 70 avant de participer à la fondation du Jihad islamique, l'ancêtre du Hezbollah. Moughnieh était l'




