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Libération

Le sentier de la guerre des Andes

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Publié le 05/03/2008 à 2h35

Le président conservateur colombien Alvaro Uribe, qui semblait ce week-end pris dans la tenaille de ses voisins «progressistes», l'Équatorien Rafael Correa et le Vénézuélien Hugo Chávez, a lâché hier une petite bombe : il veut poursuivre l'homme fort de Caracas devant la Cour pénale internationale, sous l'accusation - peut-être juridiquement excessive - de «financement et parrainage de génocidaires». Une nouvelle qui alimente la crise provoquée par la mort du chef guérillero Raúl Reyes, tué tôt samedi matin par l'armée colombienne sur le sol équatorien. Depuis, l'examen des documents et ordinateurs portables saisis par Bogotá a provoqué une volée d'accusations contre Caracas et Quito.

«Radioactif». Hugo Chávez, resté silencieux jusqu'à hier, est le plus lourdement mis en cause par l'examen des ordinateurs de Reyes, porte-parole international des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Selon la police colombienne, après épluchage des courriers échangés par les chefs des Farc, Hugo Chávez aurait proposé ces derniers mois de financer la guérilla à hauteur de 300 millions de dollars (200 millions d'euros), à travers une entreprise de façade qui aurait commercialisé du pétrole vénézuélien. «Les 50 premiers [millions] sont disponibles», aurait écrit, le 8 février, le responsable guérillero Ivan Márquez.

Le ministre des Affaires étrangères de Caracas, Nicolás Maduro, a dénoncé lundi «une fabrique de mensonges» et expulsé l'ambassadeur colombien.

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