Faut-il payer Iván Rojas, s'interroge la Colombie ? Ce guérillero des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) réclame sa prime : 5 milliards de pesos colombiens, soit 1,7 million d'euros. Il y a une semaine, il a assassiné de sang-froid l'un des plus hauts dirigeants de la guérilla, dont il était le garde du corps, avant de se livrer aux autorités. Or cette tête était mise à prix par le gouvernement colombien. «J'espère bien que celui-ci va tenir sa promesse», s'est inquiété Iván Rojas. Il en aurait besoin, ne serait-ce que pour se mettre au vert : sa propre tête de traître est sans doute mise à prix par les Farc. Il est aujourd'hui sous la haute protection de l'armée.
«Les Sept Nains». Rojas, Pablo Montoya de son vrai nom, était chargé de la protection rapprochée de Manuel Muñoz, alias Iván Ríos, rien de moins que l'un des sept chefs des Farc. Les Colombiens les appellent les «Sept Nains», qui forment le Secrétariat de l'état-major central, organe suprême de la guérilla, avec à sa tête le septuagénaire Manuel Marulanda, fondateur du mouvement il y a plus de quarante ans. Huit jours avant l'assassinat d'Iván Ríos, les Farc avaient déjà perdu un autre des Sept Nains, Raúl Reyes, tué dans une opération commando de l'armée colombienne en territoire équatorien, à 2 kilomètres de la frontière qui sépare les deux pays.
Iván Rojas s'est livré le 6 mars à l'armée. Il a apporté avec lui l'ordinateur portable, les papiers d'identité et, pour bétonner ses preuves, la mai




