De notre correspondante à Bruxelles(UE). Ayaan Hirsi Ali ne fait pas recette au Parlement européen. En décembre, l'eurodéputé socialiste Benoît Hamon avait lancé un appel pour que l'Union européenne assure la protection de l'ancienne députée libérale néerlandaise, menacée de mort pour ses critiques de l'islam. Il n'a recueilli que 144 signatures. Le délai expirant hier, et faute d'avoir été soutenue par la moitié des 785 parlementaires, la demande de Benoît Hamon est caduque. Habituellement en première ligne quand il s'agit de défendre les droits de l'homme, les élus européens ont failli à leur réputation. «Dans cette affaire, on a, hélas, tendance à confondre défense de l'islam et liberté d'expression, regrette Benoît Hamon. L'enjeu c'est pourtant la liberté de parole. Les propos de Ayaan Hirsi Ali peuvent choquer, mais il n'est pas acceptable qu'elle soit menacée de mort. Après avoir proclamé solennellement la Charte des droits fondamentaux, l'Union européenne se doit d'intervenir».
En février, Ayaan Hirsi Ali est venue plaider sa cause devant les eurodéputés. «Je ne veux pas mourir», avait déclaré l'ex-député d'origine somalienne qui vit sous protection policière depuis l'assassinat du réalisateur Théo Van Gogh, en novembre 2004, pour qui elle avait écrit le scénario du film dénonçant la soumission des femmes dans l'islam. Exilée en 2006 aux Etats-Unis, elle s'est vu refuser en octobre par le gouvernement néerlandais le financement de sa protection à




