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Libération

Au Caire, la mixité à l'épreuve de la ségrégation «positive»

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Publié le 07/04/2008 à 3h00

Station Saad-Zaghloul, heure de pointe dans le métro du Caire. Dans un claquement, les portes de la rame se referment sur un homme, essoufflé. Il lève la tête, et ferme les yeux, consterné par son erreur. Autour de lui, ce ne sont que jupes et voiles. «Que fais-tu là ? Il te manque quelque chose dans le pantalon ?» lance, taquine, une vieille femme en hijab. Les rires pleuvent. Le wagon des femmes existe depuis plus de dix ans dans le métro du Caire, «mais ce n'est pas une régression, c'est une avancée sociale», assure Omneya Mokhtar. Comme la quasi-totalité des utilisatrices du métro cairote, cette jeune femme n'imagine pas voyager ailleurs. Les autres wagons ont beau être mixtes, rares sont celles qui les empruntent. Toutes arguent de la pesanteur du harcèlement sexuel qu'elles ressentent au quotidien. «Les regards et les comportements des hommes me dérangent. Le wagon des femmes permet d'éviter tout contact physique, surtout pendant les heures d'affluence.»

Piscines. Le succès de ce gynécée roulant est un des effets directs et pervers de la politique de ségrégation sexuelle qui se développe en Egypte. Bien qu'elle ne soit en rien obligatoire, la séparation des genres est de plus en plus pratiquée. Salles séparées dans les mariages, écoles non mixtes, clubs sportifs, piscines ou plages réservées aux femmes. Jusqu'aux cafés qui se mettent aussi à se décliner au féminin au Caire. Il y a quelques mois, l'ouverture du café Sabaya, dans la banlieue huppée d

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