Difficiles depuis la révolution des Roses qui a amené au pouvoir à Tbilissi, en 2003, une équipe pro-occidentale et atlantiste, les relations entre la Russie et la Géorgie se sont encore tendues. Tbilissi a accusé lundi Moscou d'avoir abattu, la veille, un drone géorgien survolant la région séparatiste d'Abkhazie, qui suit sa propre voie depuis 1992 et rêve de voir son indépendance reconnue, comme celle du Kosovo en février. Pour Tbilissi, il s'agit d'un «acte d'agression» de la part de Moscou. Et toutes les télévisions géorgiennes ont montré un film où l'on pouvait voir un appareil du genre du drone en pleine action.
Dans un premier mouvement, le Kremlin a fait part de sa «perplexité» de voir un appareil aussi sophistiqué survoler une «zone de conflit». Puis comme les Géorgiens réclament une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, les Russes ont décidé, hier, de se battre sur le terrain du droit. Le vol de ce drone géorgien, abattu par un avion abkhaze et non par la chasse russe, précise Moscou dans un communiqué, est «une violation du cessez-le-feu» garanti par la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a débouché en 1994 sur la création d'une mission d'observation.
L'incident montre que les deux adversaires n'ont jamais été aussi bien armés. Théoriquement, les soldats russes servent de force d'interposition. Mais en réalité, l'Abkhazie est épaulée par l'armée russe, qui l'a apparemment modernisée, tandis que la Géorgie a resserr




