Ehud Barak, bon guerrier et mauvais politique, n'aime pas les interviews. Ce chef du parti travailliste, ancien Premier ministre, artisan des accords de Camp David et du retrait du Liban, est revenu à la vie politique à 66 ans dans le gouvernement de droite d'Olmert. De retour aux commandes militaires d'Israël, il applique maintenant une ligne dure - le blocus de Gaza et les attaques «ciblées» contre le Hamas. Et espére bientôt prendre la tête du gouvernement, à la place d'Olmert. Barak accepte de parler à un journal français, pour un flash-back émotionnel sur l'histoire d'Israël, sur son histoire.
Vous avez été dans toutes les guerres d'Israël. Sauf celle d'Indépendance : en 1948, vous n'aviez que 6 ans.
J'étais un jeune garçon qui suivait les événements de son kibboutz. J'entendais au-dessus des collines les avions irakiens venus de Bagdad qui tentaient de découper en deux l'Israël qui venait de naître. Pendant plusieurs jours, j'ai entendu les tirs. A l'époque nous étions très pauvres, mais au kibboutz on a décidé de mettre de côté de la nourriture pour l'envoyer à Jérusalem où les nôtres étaient assiégés. Je me souviens aussi du soir où on a annoncé l'Etat d'Israël. Nous étions tous collés à une vieille radio et on écoutait le décompte des votes à l'ONU dans une langue que je ne comprenais pas. Puis j'ai vu l'éruption de joie et des gens du kibboutz se sont mis à danser autour du feu. Le lendemain, c'était la guerre. Je me souviens d'autre chose aussi. Il




