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Libération
Reportage

Ces jeunes nostalgiques du Kosovo perdu

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Publié le 10/05/2008 à 3h25

On a vu d'abord des graffitis, puis quelques petits autocollants et maintenant des badges. Barrés à la manière d'un panneau d'interdiction de stationner, ils proclament : «Union européenne, non merci!» Un message clair à l'adresse du président démocrate Boris Tadic, réélu en février, qui demande aux électeurs de faire des législatives de dimanche en Serbie un référendum pour l'Europe. Les derniers sondages annoncent un scrutin serré : le Parti radical serbe (SRS), première force politique du pays, devance d'un point seulement les démocrates europhiles.

Curieusement, cette campagne anti-européenne est essentiellement menée par des associations de jeunes. Misa Vacic, le porte-parole de l'association 1389, qui distribue ces affichettes, n'a que 22 ans. Ce natif de Belgrade, étudiant en troisième année de droit parlant plusieurs langues, a fait ses études secondaires en Allemagne où ses parents, représentants d'une firme serbe, avaient été mutés après la chute de Slobodan Milosevic, en octobre 2000.

Baptême. Un an plus tôt, lors de la guerre au Kosovo, Misa, âgé de 14 ans, s'était trouvé pris au piège dans Belgrade bombardée par l'aviation de l'Otan. Ce fut son baptême en politique, dans une famille où on n'en parlait jamais. «Un mois après mon arrivée en Allemagne, j'ai su que je n'aimais pas l'Europe, dit-il. Et je n'étais pas le seul. J'ai assisté aux débats sur l'euro, puis sur la Constitution européenne. J'ai vu qu'il y avait des opposants à la mondialisation

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