Le président Mikhaïl Saakachvili a proclamé sa victoire, hier, aux élections législatives de mercredi en Géorgie, petit pays du Caucase de 4,7 millions d'habitants qui entretient des relations difficiles avec son voisin russe. Son parti est crédité de 61% des voix, selon des résultats encore partiels. L'opposition parle de scrutin truqué et menace de descendre dans la rue. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui observait le déroulement du vote, a pour sa part souligné le côté «globalement positif» des opérations, tout en mettant en exergue quelques problèmes, notamment des «intimidations». Sabine Freizer, directrice du programme Europe de l'International Crisis Group, un groupe d'experts basé à Bruxelles, explique à Libération les mécanismes de cette perte de confiance dans les institutions des pays du Caucase ex-soviétique, plus de quinze ans après l'effondrement de l'URSS.
Pourquoi chaque élection est-elle contestée ?
Ce qu'on voit dans les trois pays du Caucase, c'est une perte de confiance dans le système électoral. On assiste à des manoeuvres d'intimidation contre les partis d'opposition et les gens qui les soutiennent en Géorgie, mais aussi en Arménie et en Azerbaïdjan. Les partis au pouvoir utilisent les ressources de l'Etat, et il y a des problèmes lors des élections. En revanche, les plaintes déposées par les électeurs ou les partis ne sont pas prises au sérieux. Elles ne parviennent pas jusqu'aux cours de j




