Le Québec ne retirera pas le crucifix qui trône derrière le siège du président du parlement de la Belle Province. C'est ce qu'ont décidé, jeudi, les députés par un vote à l'unanimité des présents. «L'Eglise a joué un rôle important dans l'histoire du Québec, et le crucifix est le symbole de cette histoire. Ce n'est pas seulement religieux», a justifié le Premier ministre québécois, le libéral Jean Charest. La motion de son gouvernement constitue une première fin de non-recevoir aux recommandations de la commission créée pour repenser les problèmes nés de la diversité ethnique, culturelle et religieuse. L'an dernier, ce débat sur les concessions envisageables à l'égard des minorités afin qu'elles ne se sentent pas discriminées, qu'on appelle au Québec les «accommodements raisonnables», avait révélé le malaise identitaire des Québécois francophones, minoritaires au Canada, mais majoritaires dans la province et devant composer avec des immigrants du monde entier.
Montés en épingle par les populistes, plusieurs incidents avaient frappé l'opinion comme la querelle autour du port du kirpan (poignard) sikh dans une école, ou l'interdiction de la lapidation des femmes édictée par une commune où ne vit aucun immigré. Pour prévenir les dérapages racistes, la commission formée par Gérard Bouchard et Charles Taylor a donc présenté une série de propositions qui se veulent proches des attentes des gens. Ainsi, procureurs ou policiers n'auraient pas le droit de porter des insignes re




