De notre correspondante à Beyrouth «Nous ne comprenons pas comment votre président a pu inviter notre dictateur à assister au défilé du 14 juillet», répètent ces opposants syriens en exil, réunis dans un appartement de Beyrouth. «Pour moi, la France a toujours représenté le pays de la liberté, explique Ahed al-Hendi, 23 ans, en grillant une énième cigarette. Je suis choqué et déçu. Les puissances occidentales disent qu'elles défendent les droits de l'homme, mais en réalité, c'est juste un discours qu'elles utilisent pour faire pression sur un pays quand ça les arrange. Au fond, elles s'en moquent pas mal.»
Assis sur le balcon, Mohammad al-Abdallah, un grand gaillard de 25 ans, diplômé en droit, finit par fondre en larmes : «Ma famille est derrière les barreaux et Sarkozy reçoit le criminel à Paris.» Le père de Mohammad, Ali al-Abdallah, journaliste et défenseur des droits de l'homme, a été arrêté en décembre 2007 après avoir participé à une réunion du Conseil national de la Déclaration de Damas, appelant à un «changement démocratique radical» en Syrie. Il risque jusqu'à quinze ans de prison. Son frère, Omar al-Abdallah, 23 ans, étudiant en philosophie, a été incarcéré en mars 2006 pour avoir écrit dans un journal satirique en ligne. Il a été condamné à cinq ans de détention.
«Hystérique». Mohammad al-Abdallah a déjà passé six mois dans les geôles damascènes pour avoir dénoncé les lois d'état d'urgence, en vigueur depuis 1963. «Après le ret




