La précipitation avec laquelle Asif Ali Zardari, veuf de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, assassinée en décembre 2007, a annoncé sa candidature à la présidence de la République, samedi, risque de porter un nouveau coup à la fragile coalition gouvernementale en place à Islamabad.
Frères ennemis. Dès après la démission du président Pervez Musharraf, lundi dernier, le fils de Benazir Bhutto, qui codirige le Parti du peuple pakistanais (PPP) avec Zardari, 55 ans, avait revendiqué la présidence pour un membre de sa formation. Le PPP, vainqueur des élections législatives de février, a cependant dû s'allier pour gouverner avec son grand rival, la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) de Nawaz Sharif, ex-Premier ministre renversé en 1999 par le général Musharraf, et à quelques petits partis religieux. Or, si le PPP affirme que «[nos] partenaires ont été informés» de cette volonté de s'approprier la présidence, la Ligue relevait aussitôt : «C'est la décision du PPP et en aucun cas celle des membres de la coalition.»
De fait, le parti de Zardari et celui de Sharif, véritable frères ennemis unis par leur aversion pour Musharraf, s'opposent sur pratiquement tous les grands dossiers du pays. Nawaz Sharif - interdit à vie de se présenter à une élection pour des affaires de corruption - avait notamment prévenu qu'il soutiendrait une candidature de Zardari à la condition expresse que le futur Président renonce à son droit de dissoudre le Parlement, institué par Musharra




