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Bras de fer pour un bout de terre entre Kiev et Bucarest

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Publié le 02/09/2008 à 4h50

De notre correspondant à Bucarest La minuscule «île des Serpents» est-elle une île ou un simple rocher ? De la réponse que la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye donnera à cette question dépendra en partie l'issue du procès, qui commence aujourd'hui, opposant l'Ukraine et la Roumanie, deux pays riverains de la mer Noire. L'enjeu est le partage du sous-sol marin entre les deux pays. Si la Cour décide qu'il s'agit bien d'une île, l'Ukraine peut avoir gain de cause, car, selon le droit de la mer, les îles ont droit à une partie du sous-sol. L'île des Serpents, située à 40 kilomètres seulement de la frontière roumaine, appartient néanmoins à l'Ukraine, suite à un geste «d'amitié» entre les pays socialistes frères. En 1948, le gouvernement communiste roumain de l'époque avait fait cadeau de ce confetti de 17 hectares à l'URSS. Apres l'éclatement de l'Union soviétique, c'est l'Ukraine qui en a hérité. Les Roumains, trop occupés à regarder vers l'UE et l'Otan, ne l'ont jamais vraiment réclamé. Mais aujourd'hui Bucarest et Kiev se disputent 12 000 km2 de sous-sols marins que l'on estime riche en hydrocarbures. De l'avis des experts, si la Roumanie gagne, les 100 milliards de mètres cubes de gaz et les 10 millions de tonnes de pétrole se trouvant dans les profondeurs de la mer Noire lui assureront une indépendance énergétique pour les quinze ans à venir.

Tombe. Ile ou rocher, alors ? «Il n'y a pas d'eau potable sur l'île des Serpents, il n'y a pas de vie économique auto

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