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Libération

La révolte contre la corruption

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Publié le 08/09/2008 à 4h55

De notre correspondant à Bangkok On ne les avait pas vus défiler dans les rues de Bangkok depuis les manifestations contre la dictature militaire dans les années 70. Samedi soir, ils étaient 2 000 étudiants, venus d'une vingtaine d'universités à braver l'orage pour défiler aux cris de «Samak dehors» devant le Monument de la démocratie, point de ralliement historique des rassemblements antigouvernementaux. Ces étudiants se sont joints à des dizaines de milliers de personnes qui occupent le siège du gouvernement depuis le 26 août, pour la plupart liés à l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD). Tous réclament la démission du Premier ministre, Samak Sundaravej, accusé de défendre son prédécesseur Thaksin Shinawatra, poursuivi en justice pour corruption et exilé en Grande-Bretagne.

En réalité, la crise politique thaïlandaise, qui rebondit de coup d'Etat en élections depuis début 2006, ne se résume pas à une question de personnes. Derrière elle, s'opposent deux visions radicalement différentes de la société : celle des milieux majoritairement urbains qui souhaitent un système politique moins véreux et plus transparent et celle des petites gens, souvent issus des campagnes, qui, par crainte, habitude ou pragmatisme, se satisfont de ce qu'on appelle localement la «politique-argent» ; un raccourci pour désigner un archaïque système de patronage où les politiciens «investissent» dans les élections en achetant les votes ruraux, puis se remboursent amplement, u

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