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Analyse

A Kigali, des élections sans opposition

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Publié le 19/09/2008 à 5h05

Un triomphe pour le Front patriotique rwandais (FPR), mais pas pour la démocratie. Le parti au pouvoir depuis 1994 au Rwanda a remporté 42 des 80 sièges aux élections législatives rwandaises qui se sont déroulées de lundi à hier. Une victoire «relative» en trompe-l'oeil, car il faut ajouter aux résultats du FPR et de six micropartis satellites ceux du Parti social-démocrate (PSD, 7 députés) et du Parti libéral (PL, 4 députés). Le PSD et le PL avaient appelé, lors de la dernière présidentielle, à voter pour Paul Kagame, le président rwandais et chef du FPR. En plus des 53 sièges dévolus aux partis politiques, 27 sont réservés à des catégories «vulnérables» de la population : femmes, jeunes et handicapés (respectivement 24, 2 et 1 sièges).

Voix. Au final, le parlement rwandais présente la double particularité de compter la plus forte proportion de femmes au monde et celle, moins reluisante, de n'avoir aucun opposant. La scène politique rwandaise a été méthodiquement vidée de toute voix discordante. Une coalition de partis d'opposition, basés à Bruxelles, a dénoncé le scrutin : «Tant qu'un seul parti politique, le FPR, monopolise tout l'appareil d'Etat, décide quelle formation ou quel individu peut participer aux élections, boucle tout le pays pendant le processus électoral, les élections se résumeront à un écran de fumée.»

Certes, l'opposition rwandaise compte d'anciens génocidaires dont le projet n'est autre que d'achever le génocide des Tutsis de 1994 : les Forces démoc

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