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Des chars en eaux troubles

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Des pirates somaliens ont saisi un navire ukrainien, le Faina, contenant une trentaine de chars soviétiques de type T-72, des lance-roquettes et des munitions.

ParStéphanie Braquehais
De notre correspondante à Nairobi
Publié le 30/09/2008 à 7h14, mis à jour le 30/09/2008 à 7h14

Vente d'armes légale ou trafic ? La polémique ne cesse d'enfler au Kenya, prenant des allures de véritable feuilleton depuis la saisie, jeudi, par les pirates somaliens d'un navire ukrainien, le Faina, contenant une trentaine de chars soviétiques de type T-72, des lance-roquettes et des munitions. Selon le porte-parole du gouvernement kenyan, Alfred Mutua, «il s'agit d'une dernière livraison dans le cadre d'un contrat de vente d'armes avec l'Ukraine, dans le but de moderniser l'armée kenyane, dont l'équipement, vétuste, date des années 60». Mais Nathan Christensen, le porte-parole de la Ve flotte américaine, a semé un certain trouble, hier, en déclarant que la cargaison était en fait destinée à un client au Soudan, refusant toutefois de préciser son identité.

Arsenal. Le porte-parole du ministère kenyan de la Défense, Bogita Ongeri, a aussitôt affirmé qu'il existait «tous les documents permettant de prouver que ce chargement appartient au gouvernement kényan et non à des acheteurs inconnus au Soudan». Ces déclarations ont été confirmées dans la foulée par les autorités de Kiev.

Pour autant, de nombreuses sources, y compris au sein de la marine kenyane, doutent qu'un tel arsenal soit véritablement destiné à l'armée de Nairobi, évoquant comme destinataire le Sud-Soudan ou encore l'Ethiopie, dont l'armée est très présente en Somalie. «Depuis un an, il y a eu trois livraisons d'armes de l'Ukraine : une en octobre et deux e

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