On ne pouvait pas rêver prix Nobel de la paix plus politiquement correct que Martti Ahtisaari, le diplomate finlandais de 71 ans récompensé, vendredi, pour sa gestion des crises sur au moins trois continents pendant trois décennies. L’homme a effectivement accompagné pendant douze ans la Namibie sur la voie de l’indépendance (1978-1990) et fait taire, après trente ans de conflit, les armes dans la province indonésienne d’Aceh grâce à un accord en 2005 entre le gouvernement et les indépendantistes du Mouvement Aceh libre (GAM).
Jeter l'éponge. Mais désigné cette même année par le secrétaire général de l'ONU comme négociateur pour le statut final du Kosovo, le diplomate chevronné a dû jeter l'éponge. Son plan prônant une «indépendance conditionnelle» de l'ancienne province serbe a été rejeté par la Serbie dont les dirigeants n'ont pas pardonné au négociateur finlandais d'avoir évoqué une culpabilité du peuple serbe à Vienne où se tenaient les pourparlers. Les Albanais du Kosovo ont proclamé leur indépendance de manière unilatérale en février 2008. Ce nouvel Etat, soutenu par Washington, a été, à ce jour, reconnu par une cinquantaine de pays. Toutefois, comme l'a décidé jeudi l'ONU, la légalité de cette autoproclamation devra passer le test de la Cour internationale de justice de La Haye.
Rejeté, le plan Ahtisaari est à la base de la Constitution adoptée cet été par le nouveau Kosovo. Et l'attribution du prix Nobel à son auteur, l'année même de cette proclamation d'




