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Libération

Brown face au front populaire

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Royaume-Uni. Avec la crise financière, l’image du New Labour s’est encore dégradée.

Publié le 18/10/2008 à 6h51

Le long des rues se succèdent les résidences HLM, barres de briques grises de quatre à dix étages. On est loin des tours de verre et des boutiques de luxe de la City. Dans le nord de Londres, le quartier de Somers Town vit à l'ombre de l'imposante nouvelle gare de l'Eurostar St Pancras, mais c'est un autre monde. «Les 7 000 habitants du quartier vivent pratiquement tous dans des logements sociaux. Et on dit que l'espérance de vie y est de dix ans plus basse que dans les beaux quartiers, assure Mukul Hira, qui, depuis vingt ans, tient avec son père une minuscule épicerie. C'est un des principaux reproches que l'on peut faire aux travaillistes : ne pas avoir réussi à combler les inégalités», soupire Mukul.

Le cyclone financier le renforce dans ses convictions. Le Premier ministre, Gordon Brown, est devenu un héros sur la scène internationale avec le plan de sauvetage des banques européennes qu'il a inspiré, mais au ras des circonscriptions électorales britanniques ce succès ne lui profite guère. «Il a trouvé des solutions à la crise ? Et alors ? C'est lui qui nous y a menés, à la crise…», dit Mukul, qui pense aux dix ans passés par Brown au ministère de l'Economie avant de prendre le relais de Tony Blair, en juin 2007. Certes, l'opposition conservatrice est devenue inaudible. Certes, la rébellion interne au New Labour s'est tue. Mais pour combien de temps Brown, au plus bas dans les sondages, sauvera-t-il sa peau ? Surtout que le pire (récession, chômage, i

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