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Libération
EDITORIAL

Virus

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Publié le 21/10/2008 à 6h53

En ces temps d'élection, il est une drôle d'épidémie qui décime les rangs républicains. Etre soudain saisi du virus du «bushisme», c'est la garantie que l'infection sera fatale le 4 novembre. Les élus conservateurs évitent à tout prix de prononcer le nom de leur président, de peur de contracter la maladie. John McCain le sait bien, lui qui a eu cette phrase définitive lors de son dernier débat télévisé face à Barack Obama: «Je ne suis pas le président Bush». Comme si la gale avait désormais gagné la Maison Blanche. Car c'est bien le désastreux bilan de l'actuel locataire du 1600 Pennsylvania Avenue qui est au cœur de cette campagne et qui nourrit l'incroyable soif de changement des Américains. Des deux derniers mandats de W, le pays ne retient que deux choses : le fiasco de la guerre en Irak et maintenant la catastrophe économique. C'est là la force de Barack Obama. Depuis un an et demi qu'il a déclaré sa candidature à l'élection suprême, il s'est fait l'incarnation d'un nouveau souffle, d'une nouvelle Amérique qui saurait dépasser ses divisions raciales et politiques.

Colin Powell, l'ancien secrétaire d'Etat de George Bush qui vient de se rallier au candidat démocrate, l'a très bien résumé, en estimant que «l'Amérique avait tout simplement besoin d'une autre génération au pouvoir». John McCain, 72 ans, a tenté tant bien que mal lui aussi de se raccrocher au wagon du changement et en a fait tardivement l'un de ses slogans. En pariant sur la déconcertante Sarah

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