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Rescapés du Guantánamo africain

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Terrorisme. La CIA a interrogé des Kényans transférés en Somalie puis en Ethiopie.

ParStéphanie Braquehais
Envoyée spéciale à Mombasa (Kenya)
Publié le 23/10/2008 à 6h51, mis à jour le 23/10/2008 à 6h51

Sur les tapis en osier dirigés vers l’Est, les hommes achèvent la prière du vendredi dans le village de Bongwe, à 30 km au sud du port kényan de Mombasa. Ce jour-là, le Forum musulman des droits de l’homme organise une réunion pour dénoncer les déportations illégales vers la Somalie et l’Ethiopie de plus de 150 personnes de différentes nationalités, dont des Kényans, au nom de la lutte contre le terrorisme. Le village est rassemblé pour écouter le récit des huit Kényans, relâchés début octobre après plus d’un an dans des geôles secrètes en Ethiopie. Accusés de liens avec Al-Qaeda, ils n’ont eu accès ni à un avocat ni à leur famille.

Secrètement. Salim Awadh Salim, 36 ans, en boubou blanc et keffieh, raconte. Cet homme d'affaires possédait une boutique de téléphonie mobile à Mombasa, lorsqu'il a décidé d'investir à Mogadiscio, durant le bref règne des tribunaux islamiques (lire ci-contre). L'intervention de l'armée éthiopienne en décembre 2006 l'a contraint à fuir et à retourner au Kenya. «Nous étions plusieurs à tenter de passer de l'autre côté, détaille-t-il. Nous avons réussi à rejoindre Kiunga [village kényan frontalier avec la Somalie, ndlr]. Aucun bateau ne voulait nous embarquer si nous n'avions pas l'autorisation de la police kényane, car l'Etat avait fermé la frontière. Lorsque nous nous sommes présentés aux autorités, on nous a pris nos cartes d'identité et nous avons été interrogés au commissariat de police.»

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