A peine sortis des deux bus qui les amènent de New York, les 150 bénévoles pro-McCain créent la cohue dans le Victory Center de Bethlehem, QG de campagne du candidat républicain dans la Lehigh Valley, cette région aux pieds des Appalaches en Pennsylvanie, qui se remet lentement de la déconfiture de l’industrie de l’acier dans les années 80.
Sous le regard médusé des locaux, un New-Yorkais brandissant une pancarte «Encore un démocrate pour McCain» prend le contrôle des opérations. «Je ne veux pas de conservateurs avec nous, OK ? Nous sommes tous des Américains. Le pays d'abord ! Obama derrière !» intime-t-il, revisitant le slogan de John McCain «Le pays d'abord». Si certains habitués sont un peu secoués par les manières rustres de ces citadins arrogants, ils apprécient l'apport de sang neuf. Parmi les recrues, quelques républicains, des indépendants, et surtout des dizaines de fans d'Hillary Clinton.
Déçus des primaires. Ces renforts sont envoyés par groupe de deux pour faire du porte à porte dans les villages autour de Bethlehem et tenter de convaincre les derniers indécis. Il y a même une star dans leurs rangs : Harriet Christian, dont la gouaille lui avait valu ses quinze minutes de gloire durant les primaires démocrates. Sa longue diatribe contre Barack Obama, «un noir inadéquat», fut même un hit sur YouTube. Quatre mois plus tard, elle peste encore contre «le vol de la nomination démocrate par les dirigeants du parti




