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Libération
EDITORIAL

Pari

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Publié le 03/11/2008 à 6h51

Le rêve américain est-il devenu cette cruel joke, cette «méchante blague» comme l'a écrit Joyce Carol Oates. Deux guerres en passe d'être perdues, un krach financier sans précédent, une crise économique faite pour durer.

Les Etats-Unis doutent : 85 % des Américains disent que leur pays va dans la mauvaise direction. Du jamais vu. C’est dans cette apocalypse qu’Obama est apparu, et c’est dans cette apocalypse qu’il va triompher. Le jeune sénateur a parlé d’espoirs et de changements quand McCain comme le couple des Clinton parlaient d’expérience et de politique comme d’habitude. Dans ces derniers jours de campagne, son adversaire républicain apparaît usé, à tout jamais associé au bilan désastreux de W. Jamais, il n’a pu entamer le discours d’Obama, sa manière autre de faire de la politique. On peut penser que le charisme d’Obama, sa nouveauté, ne remplacent pas les propositions et les plans précis. Après vingt mois de campagne incessante, on ne sait de quoi sera faite une présidence Obama.

Mais Obama, qui peut paraître si étranger à beaucoup d’Américains, a mieux senti le malaise de ces concitoyens que ses adversaires. Qui de Palin à Bill Clinton se voient en vrais Américains. C’est peut-être cette différence qui lui a mieux fait comprendre son pays en crise. En élisant Obama, les Etats-Unis ne se découvrent pas immunisés du racisme. Le pays n’a pas transcendé ses haines.

Mais, il se trouve qu’Obama aujourd’hui est le meilleur, brun ou blanc, pour conduire ses 300 millions

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