Micro en main, Barack Obama marche à pas lents sur la scène, tourne sur lui-même, dialogue avec le millier d'étudiants, d'enseignants et de curieux assis dans le théâtre de l'université de Warburg. C'était en décembre 2007 dans l'Iowa, Etat-clé du centre du pays et premier à voter dans les primaires démocrates. Un Etat qu'il lui fallait absolument gagner pour prouver qu'il pouvait battre Hillary Clinton. En face, le public est presque exclusivement composé de jeunes. Ce sont eux qui l'aideront à emporter la victoire, et il s'applique à les convaincre. Pour eux, il est Obama l'idéaliste. Certes, quelques mois plus tard, il endossera d'autres habits, ceux d'Obama le pragmatique, le politicien habile ; mais pour l'heure, il se présente en incarnation du fameux «rêve» de Martin Luther King. «Je veux quelque chose de neuf. J'imagine une nouvelle Amérique», professe-t-il. Le simple fait qu'il soit candidat suscite partout l'espoir d'une Amérique post-raciale, à nouveau respectée et séduisante.
«Une évidence». Obama le sait et en fait son atout. «Je ne veux pas d'une Amérique encore divisée par les races. […] Le rêve américain n'est pas une chose du passé, il est devant nous.» Sa forte présence est indéniable, presque celle d'une rock star. «Quand je serais président, et que je voyagerai dans un pays pauvre pour parler à ses dirigeants, ils sauront que j'ai une grand-mère qui habite au Kenya, dans un petit village sans eau courante, ravagé par




