Le modus operandi était habituel, la cible beaucoup moins. Les pirates somaliens ont attaqué le navire comme à l'accoutumée : des grappins lancés depuis des vedettes rapides, un abordage en règle par des hommes équipés de GPS, téléphones satellitaires, lance-grenades et fusils-mitrailleurs AK-47. Mais leur proie, samedi, était exceptionnelle, du jamais vu dans l'histoire de la piraterie : un supertanker saoudien de 300 m de long, rempli de 2 millions de barils de pétrole, soit une cargaison estimée à presque 100 millions de dollars (79 millions d'euros).
Aux dernières nouvelles, hier soir, le Sirius Star et ses 25 membres d'équipage - saoudiens, croates, polonais, britanniques et surtout philippins - étaient ancrés, sous la garde des pirates, «au large d'un port somalien près de Haradheere», au nord de la capitale Mogadiscio, selon un porte-parole de la Ve flotte américaine basée à Bahreïn. L'US Navy n'est pas entrée dans les détails sur une possible opération militaire de secours.
«Inquiétante». Les pirates somaliens se sont moqués de toutes les alertes, de toutes les mobilisations militaires de l'Otan et de l'Union européenne, qui tentent ces derniers mois de protéger les nombreux navires croisant dans une des zones maritimes commerciales les plus fréquentées de la planète. Que des pirates s'en prennent à des cargos n'est pas une nouveauté, mais c'est la première fois qu'ils visent une cible aussi importante et surtout aussi loin de leu




