Les Groenlandais se prononcent par référendum aujourd’hui sur l’autonomie renforcée du territoire, rattaché à la couronne danoise. Beaucoup se prennent à rêver d’indépendance. Mais tout dépendra des revenus tirés de l’exploitation des sous-sols de l’île.
Pourquoi un tel référendum et que peut-il changer ?
Selon les derniers sondages, trois quarts des Groenlandais devraient voter aujourd'hui en faveur du nouveau statut. Aqqaluk Lynge, un des leaders de la communauté inuit, se réjouit : «C'est une grande avancée pour les droits des peuples indigènes, car l'accord reconnaît enfin le peuple groenlandais, sa langue et son droit de contrôler ses ressources naturelles.» Le président du parti inuit Ataqatigiit (socialiste), Kuupik Kleist, va plus loin. En cas de victoire du oui, estime-t-il, «la nation groenlandaise existera enfin». Colonisée en 1721 par le Danemark, l'île de 56 000 habitants, grande comme quatre fois la France, a obtenu son statut actuel en 1979. Dotée d'un gouvernement local et d'un Parlement, elle a quitté l'Union européenne en 1985 et accru son autonomie financière, même si l'enveloppe de 3,2 milliards de couronnes (430 millions d'euros) versée chaque année par l'Etat danois au Groenland, compte toujours pour la moitié de ses revenus. Selon le nouvel accord passé avec Copenhague, l'île pourra renforcer son autonomie à partir de juin si elle le souhaite, par un transfert de compétences dans une trentaine de domaines, dont la pol




