Moins de deux mois après avoir été réélu, le Premier ministre canadien conservateur, Stephen Harper, est sur le point d’être renversé. Ses adversaires libéraux et néodémocrates, flanqués des souverainistes du Bloc québécois, ont conclu lundi une sainte alliance pour faire tomber son gouvernement minoritaire et le remplacer par une coalition. Si un tel gouvernement se mettait en place après le vote de la motion de censure qui sera présentée lundi, ce serait la première fois depuis 1917 que le pays aurait à sa tête une coalition.
Subventions. Le leader conservateur, au pouvoir depuis 2006, est largement responsable de sa mésaventure. En réponse aux critiques sur son absence de réaction face à la crise économique, le gouvernement n'a, la semaine dernière, rien trouvé de mieux que de proposer, comme mesure budgétaire, une loi supprimant les subventions publiques aux partis politiques. Lesquelles représentent 63 % du financement des libéraux et 60 % de celui du Bloc québécois et du Nouveau parti démocrate (gauche). Assortie à une menace de suspendre le droit de grève des fonctionnaires, la proposition a provoqué une colère unanime contre l'équipe conservatrice.
Harper a depuis le début sous-estimé l’ampleur de la crise financière. Alors que les sondages réalisés au cours de l’été lui donnaient l’avantage, ce politicien de 49 ans, originaire de la riche province pétrolière d’Alberta, avait pris l’initiative de provoquer un scrutin anticipé pour gouverner avec une majorité sta




