Jean-François Huchet, directeur du Centre d’études français sur la Chine contemporaine à Hongkong, analyse le raidissement de Pékin envers la France.
Les menaces de rétorsion contre la France annoncées par Pékin sont-elles réelles ?
Elles pourraient faire mal de façon visible et rapide. Le commerce extérieur de la France en Chine est axé sur des gros contrats et de grosses entreprises. Les Allemands, qui ont déjà subi des mesures punitives du même genre lors de la visite du dalaï-lama à la Berlin, travaillent beaucoup plus avec les PME. Il est plus difficile pour les Chinois d’agir contre eux. Des baisses ou des annulations de contrats avec la France, c’est très possible, car c’est l’Etat qui décide de construire un métro ou des lignes de chemin de fer. On a déjà assisté à des épisodes semblables lors de la vente des frégates par la France à Taïwan, en 1992. A court terme, cela peut porter des coups sévères.
Peut-on s’attendre à une réaction européenne ?
L’attitude actuelle de la Chine est très mal perçue au niveau européen, on peut donc imaginer que commence une partie de ping-pong et que soient prises des mesures protectionnistes. L’exaspération européenne à cause du Tibet et du dalaï-lama peut aussi réactiver des problèmes anciens et non réglés, comme la propriété intellectuelle, les déficits commerciaux, la sécurité alimentaire ou l’accès difficile au marché chinois des produits européens. Bruxelles a déjà annoncé de nouvelles taxes sur certaines entreprises qui produisent des boulons pour l’industrie automobile. Il sera intéressant de voir si c’est le début d’une politique protectionniste.
Croyez-vous à un boycottage des produits français ?
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