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Libération
DE NOTRE CORRESPONDANTE À PÉKIN

Tibet : le supplice chinois de Sarkozy

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Grosse colère de Pékin à la veille de la rencontre discrète aujourd'hui à Gdansk, en Pologne, entre Sarkozy et le dalaï-lama, que Brown, Merkel et Bush ont néanmoins déjà invité.

France's President Nicolas Sarkozy reacts during a meeting to announce a plan in the country's fight against poverty and exclusion in Compiegne, December 3, 2008. REUTERS/Philippe Wojazer (FRANCE) (Philippe Wojazer / Reuters)
Publié le 06/12/2008 à 6h51, mis à jour le 06/12/2008 à 6h51

«Ahurissant !» Pour les Français de Pékin, et parmi eux des spécialistes des relations franco-chinoises, l'affaire déclenchée par la rencontre de Gdansk est tout simplement «inouïe». «Le président Sarkozy va rencontrer le dalaï-lama en Pologne, hors de France. Il s'agit d'une rencontre informelle, au milieu d'autres Prix Nobel de la paix, et la Chine érige cela en affaire d'Etat, note l'un d'eux. Leurs intérêts vitaux seraient touchés ? On marche sur la tête !»

Après avoir annulé un sommet avec l'Union européenne à Lyon le 1er décembre et, dans la foulée, le sommet France-Chine prévu le lendemain à Paris, les Chinois ont maintenu la pression à la veille de la rencontre de Gdansk. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Jianchao, a affirmé que les relations commerciales bilatérales pourraient en souffrir.

Boycott. A Pékin, aucun interlocuteur européen ne veut s'exprimer hors de l'anonymat. Les consignes ont été lancées en «haut lieu», preuve que l'Elysée prend la crise au sérieux. La Chine est plus que jamais à cran sur le Tibet.«Pékin a peur d'une banalisation de ces rencontres», dit un économiste. Chaque dirigeant doit savoir qu'il s'expose à forte partie s'il rencontre le dalaï-lama, ce «loup séparatiste en robe de moine».

Pékin, toujours prompt à jouer des divisions européennes, a fait feu sur le président de l'UE. «Le responsable, c'est lui, a dit le ministè

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