Drôle de procès. Les avocats militaires de Guantánamo se sont rebellés contre le tribunal militaire d'exception où ils défendent les cinq coaccusés des attentats du 11 Septembre, dont Khaled Cheikh Mohamed. «C'est un système inéquitable», tranche l'avocat en chef, le colonel Peter Masciola, qui a pris la parole lundi soir, avec tous ses collègues, devant quelques dizaines de journalistes réunis sous un hangar d'aérodrome, à deux pas des barbelés d'enceinte du tribunal.
«Pour qu'il y ait justice, il faudrait que la loi soit appliquée, ce qui n'est pas le cas», proteste John Jackson, l'avocat en uniforme de l'accusé saoudien Mustafa Ahmed al-Hawsawi. Celui-ci souffrirait de maladies mentales. «Tous les accusés ont ce genre de problèmes en raison des choses qu'on leur a faites», a-t-il ajouté, en précisant qu'il était tenu au secret, à l'instar de ses collègues. «Je n'ai jamais vu un système où l'on était aussi bâillonné», objecte Suzanne Lachelier, l'avocate militaire de Ramzi ben al-Shibh. «Presque tout est classé secret, même ce qui ne devrait pas l'être… On fait des requêtes au juge qui ne sont même pas lues ou prises en compte», dit-elle, en espérant un torpillage de ce système judiciaire, instauré par le Congrès en 2006 sous la pression de Bush.
Accélérer la procédure. En fait, tous les avocats comptent sur la même chose : la dissolution de ces tribunaux d'exception par le nouveau président, Barack Obama, qui entre en fonction le 20




