Menu
Libération
Décryptage

L’UE se déploie avec précaution au Kosovo

Réservé aux abonnés

Ex-Yougoslavie . Pristina accueille froidement la mission.

Publié le 11/12/2008 à 6h51

Longtemps attendue, la mission de police et de justice de l’Union européenne au Kosovo, l’Eulex, s’est enfin mise en place. Elle rassemble 1 900 policiers, juges et douaniers sous la direction d’un Français, Yves de Kermabon, l’ex-commandant des forces de l’Otan au Kosovo. C’est en février, lorsque le Kosovo a déclaré son indépendance, que l’Union européenne avait décidé de la créer afin de remplacer la Minuk, la mission intérimaire des Nations unies déployée dans la région après l’intervention de l’Otan en juin 1999. Curieusement, elle abrite aussi un petit nombre d’Américains, qui disposent d’un statut particulier.

Pourquoi ce retard ?

La Serbie, soutenue par Moscou, rejette toujours l’indépendance du Kosovo, reconnu à ce jour par 53 pays dans le monde, dont 22 des 27 pays de l’UE. L’Union a donc dû mettre quelques bémols pour convaincre Belgrade de ne pas faire obstacle à cette mission. Celle-ci a reçu, comme le réclamait la Serbie, un aval onusien. L’Eulex reste neutre quant à la question du statut du Kosovo. En clair, elle ne se prononce pas sur son indépendance. Cette attitude convient aussi aux pays de l’Union européenne qui n’ont pas reconnu le nouveau pays, comme par exemple l’Espagne.

Tous les problèmes sont-ils réglés ?

Non, car ce qui plaît à Belgrade, en règle générale, ne convient pas à Pristina, la capitale kosovare. Ainsi, les Albanais, qui représentent plus de 90 % de la population du Kosovo, ont multiplié les gestes de mauvaise humeur. Quelques milliers de mani

Dans la même rubrique