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Pourquoi Barack Obama gagne et le PS perd ?

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Publié le 15/12/2008 à 6h51

Dans les années 1950, alors que les Etats-Unis étaient plongés en pleine guerre froide, un hebdomadaire américain se demandait pourquoi «Ivan sait lire et John ne sait pas», pourquoi les Soviétiques sont capables de créer un spoutnik alors les Américains semblent plus doués pour le sport ? La victoire de Barack Obama soulève une question identique pour la gauche française : pourquoi l'a-t-il emporté alors que les socialistes accumulent les défaites depuis 1988 ?

Au-delà de réponses convenues sur le charisme ou la couleur de peau, qui reprennent la thèse mitterrandienne du grand homme, des hypothèses plus rationnelles peuvent être avancées. Elles sont au nombre de trois : un sens de la discipline collective, une réinvention du corps civique et un positionnement politique non ambigu.

De bout en bout, la longue campagne de Barack Obama a été maîtrisée, avec un sang-froid et une capacité organisationnelle peu coutumière dans les rangs démocrates. Après le rude combat des primaires, son équipe a fermé la porte à tout discours dissident sur le passé du candidat, ou ses revirements (pasteur Wright, lien avec Bill Ayers), ou ses décisions prises dans l’urgence (la crise économique de septembre). Les critiques internes n’ont pas filtré. Au regard des campagnes socialistes de 1995, 2002 et 2007, où les candidats perdirent un temps considérable à recadrer leurs propres «amis» politiques, le contraste est saisissant. Ce sens de la discipline a une origine simple : George W. Bush. S

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