A35 ans, célibataire, employée d'une agence immobilière à Pékin, Wenzi s'ennuyait quelquefois. Pas de prince charmant en vue, pas de passion, pas même de véritables amis. Il y avait la télé, le soir dans son petit studio, le shopping le week-end, rien de très excitant : «Je me sentais coincée, dans ma vie, dans mon corps. Sans m'en rendre compte, je déprimais.» Un jour, dans une boîte du quartier Sanlitun, Wenzi observe, fascinée, un couple entre deux âges onduler sur un rythme latino. «C'était sexy, joli, tendre, cela m'a fait comme un coup de foudre.» C'était il y a cinq ans. Depuis, Wenzi danse la salsa. Trois soirs par semaine, de 21 heures aux premières heures du matin, elle va au Caribe, la première boîte latino qui a ouvert dans la capitale. «Ma vie a complètement changé, explique-t-elle. Je ne suis plus jamais seule, plus obsédée par l'idée de me marier. Je me sens jeune, vivante.»
Mojito. La salsa, véritable engouement dans toute la Chine, n'est pas, pour Simon Yang, directeur d'un club de loisirs à Shanghai, une simple danse. Entre deux déhanchements sur la piste du Marriott de Pékin, où s'est tenu début octobre la quatrième édition d'un «Congrès mondial de salsa», il décortique un phénomène social. «La Chine s'ouvre, découvre le monde, les relations hommes-femmes changent. Les Chinois restent extrêmement réservés et traditionnels, limite inhibés. La Révolution culturelle n'est pas si lointaine, ne




