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Libération
Reportage

L’Ukraine, une porte trop grande ouverte pour l’Europe

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Espace Schengen . Bruxelles presse le pays de sécuriser ses frontières.

ParMathilde Goanec
PAVCHINO, envoyée spéciale.
Publié le 30/12/2008 à 6h51, mis à jour le 30/12/2008 à 6h51

Insalubre, surpeuplé, et largement sous-financé, le centre de détention de Pavchino, en Transcarpathie, a longtemps été la honte de l’Ukraine. Ce camp «provisoire» a accueilli pendant près de dix ans les dizaines de milliers de migrants arrêtés à la fin de leur course vers l’Europe. Car derrière la frontière ouest de l’Ukraine, s’ouvre l’espace Schengen.

Il y a quinze jours, sous la pression des organisations internationales, Pavchino fermait ses portes dans une mise en scène improbable… Une dizaine de migrants, gardés là pour l'occasion, attendent dans le centre désert. Ils sont alignés face aux caméras des chaînes ukrainiennes, qui immortaliseront la scène des garde-frontières distribuant avec emphase sacs de nourriture et poignées de mains à leurs derniers détenus, en leur souhaitant «bonne chance». Après avoir réclamé en vain un interprète, les migrants finiront par s'engouffrer dans un bus stationné près du portail.

Eloignés. Les illégaux arrêtés en Ukraine seront désormais détenus ailleurs, dans le nord-ouest du pays ou près de Kiev. Le ministère de l'Intérieur y a construit deux centres de rétention flambant neufs et plus éloignés de la frontière occidentale, passage de prédilection des candidats à l'exil. Car bien souvent, faute de pouvoir éloigner les étrangers entrés illégalement sur son territoire, l'Ukraine les relâche au bout de six mois. Les migrants retentent alors leur chance. Ils sont nombreux à faire ainsi la navette entre centre de

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