Comme en 2006, l’Europe assiste médusée à un nouvel épisode de la guerre du gaz entre la Russie et l’Ukraine. Ce conflit commercial sur fond de brouille politique avait alors rendu l’Union européenne consciente de sa dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou. Hier matin donc, la Russie, principal producteur de gaz, a - comme elle l’avait promis après l’échec de leurs négociations - coupé ses livraisons à l’Ukraine, principal pays de transit vers l’Europe. Outre le désir de la Russie de punir l’Ukraine pour son soutien à la Géorgie, le différend russo-ukrainien est aussi commercial. Il porte sur un désaccord sur le montant de la dette ukrainienne et le prix du gaz. Kiev affirme avoir payé sa dette, ce que Moscou récuse tout en exigeant le versement d’arriérés de paiement. L’Ukraine refuse par ailleurs une hausse du prix du combustible, jugée trop importante à un moment où celui du pétrole chute.
Réservoirs. A peine investie, la nouvelle présidence tchèque de l'Union européenne (lire aussi page 12) hérite de sa première crise. Prague a ainsi appelé les deux parties «à poursuivre les négociations et à trouver rapidement une issue positive afin que la fourniture de gaz à l'Europe ne soit pas affectée». «Tous les engagements existants concernant le transit et la livraison [de gaz] doivent être honorés», a martelé le vice-Premier ministre tchèque. Pour l'Europe, le scénario de 2006 - interruption des livraisons russes à l'Ukraine suivie de l'




