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Libération

Les Cairotes harassées par le harcèlement

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Egypte. Malgré une condamnation judiciaire inédite, les Egyptiennes restent victimes d’agressions sexuelles.

Publié le 03/01/2009 à 6h51, mis à jour le 03/01/2009 à 6h51

C’était l’été et Noha Rushdie marchait dans la rue. A hauteur d’un minibus, la jeune femme a vu le bras du chauffeur passer par la fenêtre et lui empoigner violemment les seins. Sans être banale, la scène est loin d’être exceptionnelle. C’est même une triste réalité pour une majorité des femmes qui vivent au Caire et l’ont au moins vécu une fois. D’ordinaire, elles explosent de colère, sans pouvoir faire plus. Noha Rushdie, elle, ne s’est pas arrêtée là. Cette réalisatrice, âgée de 27 ans, a forcé le conducteur à sortir, et l’a forcé à se rendre au commissariat voisin. Il y a quelques semaines, Sherif Gomaa, 28 ans, est ainsi devenu le premier homme à être condamné pour harcèlement sexuel en Egypte. Trois ans de travaux forcés, une peine pour l’exemple qui a sidéré le pays.

«A la maison». Pour le Centre égyptien des droits de la femme, ce verdict est un pas important. L'été dernier, il publiait un rapport indiquant que 83 % des femmes égyptiennes se disent victimes de harcèlement sexuel dans la rue. L'ONG s'est lancée dans une campagne médiatique après un fait divers qui a suscité la polémique en 2006. Lors d'un jour férié, une foule d'hommes surexcités avaient attaqué sans distinction des femmes circulant en ville. «Voilées ou pas, vieilles ou jeunes, ils leur ont sauté dessus en essayant de les toucher partout», ont rapporté des témoins à Libération. Ce ne sont pas tant les faits eux-mêmes, pas spécifiques à l'Egypte, qui ont provoqué le s

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