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Interview

«C’est le président qui décide»

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Larry Sabato, politologue, revient sur la popularité de Barack Obama et son art du compromis :

Publié le 19/01/2009 à 6h51, mis à jour le 19/01/2009 à 6h51

Larry Sabato, directeur du centre pour les études gouvernementales à l’Université de Virginie est souvent considéré comme la «boule de cristal» de la politique américaine. Il est l’un des rares analystes à avoir prévu la victoire écrasante de Barack Obama, à un grand électeur près. Pour lui, l’immense popularité d’Obama s’explique par le désir d’une grande majorité d’Américains de tourner la page des années Bush.

Plus de la moitié du cabinet de Barack Obama est formé d’anciens membres de l’équipe de Bill Clinton, ce n’est pas vraiment un signe de changement ?

Obama a pris les gens les plus compétents et les plus expérimentés. Il se trouve que nombre d’entre eux sont des vétérans de l’administration Clinton. Ces personnes connaissent Washington de l’intérieur. Ces choix n’altèrent pas la promesse de changement faite par Barack Obama. Ceux qui comprennent la présidence savent que c’est le président qui décide et non les membres du cabinet. C’est lui qui établit les ordres du jour et les priorités.

Mais en face de cerveaux souvent inflexibles comme Larry Summers, le directeur du Conseil national de l’économie, Obama parviendra-t-il à imposer ses vues ?

Absolument. Larry Summers peut être difficile, cela ne fait aucun doute. Mais je ne crois pas qu’Obama soit impressionnable. Il sait ce qu’il veut. Il écoutera les conseils autour de lui, mais c’est lui qui donnera les directions nécessaires.

La gauche du parti lui reproche déjà de trop tendre la main aux républicains, notamment sur les réductions fiscales du plan de relance, et il en a nommé dans son cabinet. Ne court-il pas le risque de rater ses objectifs à vouloir plaire à trop de monde ?

Obama ne fera pas cela très longtemps. Il a certes nommé des républicains, même si Robert Gates [secrétaire à la Défense de Bush maintenu à son poste par Obama, ndlr] est un indépendant. Barack Obama a aussi rencontré des commentateurs conservateurs. Il fait ça dans le but de prolonger sa lune de miel.

La transition, un sans-faute à votre avis ?

Il y a eu les habituelles secousses, pendant les auditions de confirmation des membre

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