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Interview

«Un plan de relance de la dépense»

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Robert Solow, prix Nobel d’économie, commente la politique prévue par Barack Obama.

ParPhilippe Grangereau
WASHINGTON, de notre correspondant
Publié le 20/01/2009 à 6h51, mis à jour le 20/01/2009 à 6h51

Robert Solow, 84 ans, prix Nobel d'économie en 1987, est professeur émérite au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Reconnaissant avoir été «surpris par l'ampleur de la crise», il se penche sur la manière dont Obama va tenter de la résorber.

Quel est le plus grand défi économique de Barack Obama ?

La récession bien sûr. C’est sans doute la récession la plus profonde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les chiffres du dernier trimestre 2008 ont été très mauvais et ceux de la chute des ventes de détail, publiés la semaine dernière, sont terribles. En plus, les Etats-Unis ont perdu deux précieux mois entre la présidentielle et l’investiture du nouveau président, durant lesquels un remède aurait dû être appliqué. Barack Obama va donc entrer dans le Bureau ovale avec une situation pire que ce qui aurait dû être.

Quel serait pour lui le meilleur moyen de résorber la crise ?

On ne connaît pas encore son plan dans le détail, mais le moyen d'action qu'il a choisi, un vigoureux plan de stimulation de l'économie, semble être le bon. Le problème est que toutes les forces politiques vont se liguer pour tenter de l'affaiblir. Il y aura le sénateur Untel qui va demander à prélever une partie pour son projet, le congressman Untel qui va demander la même chose… Une partie de l'argent risque de servir à apaiser les élus républicains du Congrès qui s'élèvent férocement contre toute intervention de l'Etat dans l'économie. Barack Obama devra en passer par là car il faut faire vite et des compromis sont donc indispensables. Mais une fois celui-ci adopté, son plan de relance sera c

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