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Libération
Reportage

Eruption de colère en Islande

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Crise. Les manifestations sur l’île font vaciller les formations politiques au pouvoir.

A woman shouts during a peaceful protest near Iceland's Parliament house in Reykjavik January 24, 2009. A day after saying he would quit, Iceland's Prime Minister Geir Haarde voiced "contempt" on Saturday for some of the actions by banks that triggered the country's economic collapse. Iceland, one of the richest countries in the world in 2007, plunged into crisis in October when it fell victim to the global credit crunch. Its currency collapsed as its financial system imploded. To stay afloat, it negotiated a $10 billion aid package crafted by the International Monetary Fund and effectively froze trade in its currency. REUTERS/Ints Kalnins (ICELAND) (REUTERS)
ParMarie-Joëlle Gros
REYKJAVÍK, envoyée spéciale
Publié le 24/01/2009 à 6h51, mis à jour le 24/01/2009 à 6h51

En Islande, «le navire national»prend l'eau, au moment même où le pouvoir est déstabilisé. La coalition gouvernementale - qui réunit le Parti de l'indépendance et les sociaux-démocrates - est physiquement malade. Vendredi, le Premier ministre Geir Haarde a annoncé qu'il souffrait d'une tumeur à l'œsophage. Récemment, les Islandais avaient appris que le leader des sociaux-démocrates, la ministre des Affaires étrangères, Ingibjörg Solrun Gisladottir, était atteinte d'une tumeur au cerveau…

Depuis l’effondrement de son système bancaire, le 6 octobre, ce petit pays de 313 000 habitants est en état de choc. Stupéfaits de voir leurs responsables politiques tomber malades les uns après les autres, les Islandais, qui ne cessaient d’appeler au changement depuis trois mois, sont partagés entre surprise et compassion.

Ce samedi, un rassemblement est prévu à 15 heures, comme chaque week-end depuis seize semaines. Dans ce pays très respectueux de l'ordre, de mémoire d'Islandais, on n'a jamais protesté de façon musclée. Sauf en 1949, lors des discussions sur l'entrée dans l'Otan. Mais mardi, les manifestants s'en sont pris pour la première fois au bâtiment du Parlement. Des gardes du corps ont fait leur apparition. Du jamais-vu dans la vie politique islandaise. «Je me suis toujours considéré comme pacifiste, mais cette fois j'enrage», gronde un manifestant, père de famille et nouveau chômeur.

Pendant une vingtaine d'années, les Islandais ont pu se compter parmi les citoyens

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