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«Journal de Montréal» : la rédac contre-attaque

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Québec. Politiques et artistes boycottent les colonnes d’un quotidien du groupe Quebecor Media, en solidarité avec les journalistes en grève qui ont lancé un site web pour tenir tête à leur employeur.

Publié le 06/02/2009 à 6h52, mis à jour le 06/02/2009 à 6h52

Imaginez une France où Xavier Bertrand ou Martine Aubry refuseraient de donner des interviews à Libération ou d'écrire des tribunes dans le journal parce que ses journalistes et autres salariés sont engagés dans un conflit du travail avec leur principal actionnaire. C'est un peu la situation dans laquelle se trouve, au Québec, le Journal de Montréal, dont l'équipe a été lock-outée dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 janvier par son propriétaire après avoir refusé une augmentation des horaires de travail et des licenciements.

Belle leçon de solidarité, diront les uns, en apprenant que le chef du Parti libéral du Canada Michael Ignatieff a décidé mercredi de ne plus accorder d'entrevue à ce journal ou que l'ex-Premier ministre du Québec, l'indépendantiste Bernard Landry, a annoncé dimanche qu'il suspendait sa chronique. Les uns derrière les autres, le ministre du Travail du Québec, des députés ainsi que le syndicat des artistes ont décidé de boycotter les colonnes du Journal de Montréal. Car le journal sort toujours puisque le lock-out permet justement au propriétaire de continuer de publier le quotidien avec l'aide des cadres.

Cette épreuve de force suit l'échec de la renégociation de la convention collective. «Il était attendu depuis longtemps, explique le journaliste Richard Bousquet. Pour contourner la loi antibriseurs de grève, le propriétaire a, au cours des deux dernières années, doublé le nombre de cadres de direction

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