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A Cancun, l’armée arrête la police

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Les troupes mexicaines ont désarmé et remplacé les forces de sécurité de la cité balnéaire, infiltrées par les cartels de la drogue.

ParEmmanuelle Steels
MEXICO, de notre correspondante
Publié le 12/02/2009 à 6h51, mis à jour le 12/02/2009 à 6h51

Lundi matin à l’aube, une cinquantaine de militaires encerclent par surprise le commissariat de Cancun, la station balnéaire la plus courue du Mexique. Ils désarment les quelque 1 000 policiers présents, qu’ils soumettent de surcroît à un contrôle d’identité. Quelques heures plus tard, le chef de la police municipale, Francisco Velasco Delgado, surnommé «le Viking», est sous les verrous et l’armée est chargée d’assurer la sécurité dans cette ville du sud-est du Mexique. La police, elle, aurait été infiltrée par les cartels de la drogue.

Cet épisode, pour le moins insolite, n’est que l’ultime soubresaut de l’enquête sur l’assassinat, la semaine dernière à Cancun, d’un général à la retraite, Mauro Enrique Tello Quinones. Il avait été exécuté en compagnie d’un autre militaire et d’un civil, soumis à d’infâmes tortures, une pratique habituelle des cartels. Il s’agit du plus haut gradé qui soit jamais tombé sous les balles du crime organisé. Depuis que le Président, Felipe Calderón, a déployé l’armée dans plusieurs zones du pays pour rétablir l’ordre, les militaires sont entrés dans la ligne de mire des narcotrafiquants.

Tello Quinones s’apprêtait à endosser le rôle de secrétaire de la sécurité publique à Cancun. Mais il s’attelait également à la mise sur pied d’une force spéciale destinée à traquer le crime organisé dans cette ville touristique, porte d’entrée de la drogue en provenance d’Amérique du Sud et terrain d’action des Zetas, un groupe réputé pour sa cruauté. Le passé du

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